{"id":3388,"date":"2024-10-27T18:33:25","date_gmt":"2024-10-27T22:33:25","guid":{"rendered":"https:\/\/sites.smith.edu\/frn372-fa24\/?p=3388"},"modified":"2024-10-27T18:33:26","modified_gmt":"2024-10-27T22:33:26","slug":"genevieve-de-carcassonne-une-belle-femme-sans-amant","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sites.smith.edu\/frn372-fa24\/genevieve-de-carcassonne-une-belle-femme-sans-amant\/","title":{"rendered":"Genevi\u00e8ve de Carcassonne: Une belle femme sans amant"},"content":{"rendered":"\n<p>\u00ab La Presse. Le Journaliste \u00bb. En tant que femme \u00e9crivant dans un monde domin\u00e9 par les hommes, je suis ici pour dire que je suis une femme, que je suis un \u00e9crivain, et que je vais devenir de plus en plus audacieuse avec les d\u00e9veloppements modernes de la soci\u00e9t\u00e9. Je n&#8217;attendrai pas que les choses changent, je suis le changement. En tant que d\u00e9fenseur du modernisme, du mouvement et de la croissance dans un sens gauchiste, je suis la candidate id\u00e9ale pour appr\u00e9cier la position futuriste de Monsieur Pierre Giffard sur le reportage. Cependant, je ne suis pas int\u00e9ress\u00e9 par \u00ab les chemins de fer, les t\u00e9l\u00e9graphes et les t\u00e9l\u00e9phones \u00bb qui, comme Giffard nous le rappelle, ont transform\u00e9 le monde. De plus, je ne suis pas int\u00e9ress\u00e9 par une forme scientifique, formelle et sans passion de faux journalisme d\u00e9guis\u00e9 sous le pseudonyme de \u00ab Monsieur Reportage \u00bb. Oui, j&#8217;appr\u00e9cie la facilit\u00e9. Mais je refuse de sacrifier l&#8217;amour, le soin et l&#8217;inventivit\u00e9 de mon travail. La lettre d&#8217;amour \u00e0 l&#8217;\u00e9criture d\u00e9sordonn\u00e9e, l&#8217;enveloppe ferm\u00e9e par un baiser rouge, sont devenues le t\u00e9l\u00e9graphe st\u00e9rile d&#8217;un jeune homme \u00e0 son amante. L&#8217;odeur des fleurs qui s&#8217;\u00e9panouissent lors d&#8217;une promenade dans Paris est devenue l&#8217;odeur de la pisse et de la fum\u00e9e des chemins de fer. Je veux la libert\u00e9 politique, j&#8217;aime le progr\u00e8s et la justice, mais dans ce d\u00e9bat, je suppose que Genevi\u00e8ve de Carcassonne prend la forme d&#8217;une vieille dame grincheuse.<\/p>\n\n\n\n<p>Si nous continuons \u00e0 d\u00e9fendre et \u00e0 accepter le reportage, nous ne ferons que contribuer \u00e0 la nouvelle \u00e8re de la litt\u00e9rature industrielle, qui empoisonne notre soci\u00e9t\u00e9 et vide ce monde de toute trace d&#8217;imagination. Je suis une personne positive, passionn\u00e9e et joyeuse, et je recule devant la progression de ce petit enfant faible et affam\u00e9 qu&#8217;est le monde de la vraie litt\u00e9rature \u00e0 l&#8217;heure pr\u00e9sente. Merci, Millaud, pour votre r\u00e9sum\u00e9 \u00e9loquent et concis : \u00ab Le journalisme \u00e0 tu\u00e9 la litt\u00e9rature et le reportage est en train de tuer le journalisme \u00bb. Nous ne devons pas prendre la forme de M\u00e9d\u00e9e et tuer notre fille. Nous ne devons pas non plus l&#8217;oublier ou la laisser derri\u00e8re nous. Le reportage est une d\u00e9claration sans opinion, sans commentaire. C&#8217;est une belle femme sans amant, une bouteille de vin avec un trou au fond, un radis sans beurre, un vieil homme qui marche sans son \u00e9charpe par une froide nuit d&#8217;hiver.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>O\u00f9 est le feu ? O\u00f9 est l&#8217;amour ? Je propose un challenge \u00e0 tous mes lecteurs, mais surtout aux femmes : prenez un cahier. Quittez la maison. Quittez vos enfants, votre mari, tout. Dites que vous faites les courses s&#8217;il le faut. Allez marcher le plus longtemps possible dans Paris. Souriez \u00e0 ceux que vous voyez, engagez la conversation. Regardez avec vos yeux, mais aussi avec vos autres sens. Pensez \u00e0 ce que vous sentez, \u00e0 la sensation de l&#8217;air sur vos joues, \u00e0 la sensation des pav\u00e9s sous vos pieds. Notez tout cela et pr\u00e9cisez vos descriptions. Si vous remarquez quelqu&#8217;un d&#8217;int\u00e9ressant, de charmant ou un peu bizarre, parlez avec lui, posez des questions. Notez ce que la personne dit. Mais ici, mes amis, allez plus loin. \u00c9crivez ce que vous pensez de ce qu&#8217;ils disent, et \u00e9crivez pourquoi ils l&#8217;ont dit.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Quel est le contexte ? Pourquoi les gens sont-ils comme ils sont ? Tout le monde peut \u00eatre chroniqueur, \u00e0 condition de pousser son esprit jusqu&#8217;\u00e0 la r\u00e9flexion, jusqu&#8217;\u00e0 l&#8217;attention v\u00e9ritable. Le reportage est construit sur une rh\u00e9torique du mensonge. La v\u00e9rit\u00e9 ne se trouve que quand nous regardons au-del\u00e0 de la surface, quand nous nous interrogeons et \u00e9crivons non seulement pour divertir mais aussi pour comprendre, et pour nourrir nos imaginations et nos \u00e2mes. Je suis d&#8217;accord avec Millaud sur sa position contre le reportage, et j&#8217;esp\u00e8re que chacun de mes chers lecteurs va cr\u00e9er ses propres histoires face \u00e0 cette s\u00e9cheresse de la vraie litt\u00e9rature. Je reviendrai la semaine prochaine avec une autre chronique anim\u00e9e &#8211; la prochaine fois, je vous assure que je redeviendrai coquin, indulgent et joyeux. Pour l&#8217;instant, mes amis, je vous remercie d&#8217;avoir lu une autre chronique de Genevi\u00e8ve de Carcassonne.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab La Presse. Le Journaliste \u00bb. 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