{"id":4232,"date":"2024-12-18T20:13:43","date_gmt":"2024-12-19T01:13:43","guid":{"rendered":"https:\/\/sites.smith.edu\/frn372-fa24\/?p=4232"},"modified":"2024-12-18T20:13:43","modified_gmt":"2024-12-19T01:13:43","slug":"chronique-2-sophie-hauck","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sites.smith.edu\/frn372-fa24\/chronique-2-sophie-hauck\/","title":{"rendered":"Chronique 2, Sophie Hauck"},"content":{"rendered":"\n<p>Cher lecteur, est-ce que vous avez vu le d\u00e9bat br\u00fblant en France cette semaine ? Si non, laissez-moi vous expliquer le d\u00e9bat Giffard-Millaud, et bien s\u00fbr je donnerai mon avis sur le sujet aussi !&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Vous connaissez les deux r\u00e9dacteurs, qui s\u2019appellent Albert Millaud et Pierre Giffard ? Millaud est un chroniqueur, et Giffard est un reporter, et cette semaine, ils ont \u00e9crit deux articles au sujet des effets de la presse sur la litt\u00e9rature. Ils ont cr\u00e9\u00e9 un scandale dans les pages du Figaro \u2014 une guerre des mots !&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le 6 mai, Millaud a \u00e9crit que \u00ab le journalisme a tu\u00e9 la litt\u00e9rature et le reportage est en train de tuer le journalisme. \u00bb En premier, quand la litt\u00e9rature r\u00e9gnait en ma\u00eetre, Millaud a dit qu\u2019 \u00ab on pr\u00e9f\u00e9rait la gloire \u00e0 l&#8217;argent et l\u2019on \u00e9tait quelqu&#8217;un par ses id\u00e9es, sa forme, son originalit\u00e9 propre, sa signature. \u00bb Au d\u00e9but du journalisme quotidien, les \u00ab hommes de valeur \u00bb dans l\u2019industrie \u00ab ont apport\u00e9 leurs mots charmants, leurs spirituelles r\u00e9flexions, leurs commentaires humoristiques, \u00bb mais Millaud a continu\u00e9, disant que \u00ab le journal, avec sa gloire imm\u00e9diate, son gain tout de suite r\u00e9alis\u00e9, sa publicit\u00e9 puissante, son succ\u00e8s rapide, s&#8217;emparait de l&#8217;\u00e9crivain et tuait le livre. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Des lecteurs n\u2019avaient plus l&#8217;int\u00e9r\u00eat \u00e0 lire des g\u00e9niaux \u0153uvres de la litt\u00e9rature, et les \u00e9crivains qui, \u00e0 l\u2019\u00e9poque, \u00e9crivaient ces livres ont br\u00fbl\u00e9 d&#8217;envie d\u2019avoir l\u2019argent que les journalistes ont gagn\u00e9, Millaud a \u00e9crit. Le cycle se r\u00e9p\u00e8te, cette fois avec le reportage, qui vainc le journalisme. \u00ab La Presse, c&#8217;est \u00e0 dire la repr\u00e9sentation la plus absolue, la plus r\u00e9pandue de la litt\u00e9rature contemporaine, appartient non pas au plus instruit, au plus savant, au plus spirituel, mais au mieux inform\u00e9 ou au plus audacieux. \u00bb Il a peur qu&#8217; \u2014 avec la popularisation du reportage en France \u2014 le lecteur fran\u00e7ais vont devenir comme le lecteur americain, qui \u00ab est encore un lecteur dans l&#8217;enfance, incapable de comprendre les grandes choses de l&#8217;art et de la litt\u00e9rature. \u00bb Il stresse que le d\u00e9bat entre la litt\u00e9rature et la presse soit vraiment une lutte pour l&#8217;esprit et l&#8217;\u00e2me de la France.<\/p>\n\n\n\n<p>Le jour suivant, Giffard a \u00e9crit une r\u00e9ponse qui s\u2019appelle Journalisme &amp; Reportage, et il critique Millaud autant qu&#8217;il critique son opinion sur la presse. Il dit que \u00ab Millaud est le plus juv\u00e9nile et le plus fin repr\u00e9sentant d&#8217;une \u00e9cole que je qualifierai d&#8217;ant\u00e9rieure, pour ne point chagriner la coquetterie de ses adeptes. \u00bb Cette vue de la presse est vielle jeu, Giffard \u00e9crit, donc il va se rallier \u00e0 la nouvelle \u00e9cole du journalisme quotidien. Avec des nouveaux outils comme les t\u00e9l\u00e9phones et les t\u00e9l\u00e9graphes, la presse a d\u00fb changer, Giffard \u00e9crit, et Millaud doit avoir confiance que la presse et les lecteurs fran\u00e7ais ne perdront pas tout de leur go\u00fbt pendant cette \u00e9volution.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;\u00ab Le public fran\u00e7ais a du go\u00fbt, \u00bb Giffard \u00e9crit. \u00ab Il ne s&#8217;attachera nullement \u00e0 ces billeves\u00e9es am\u00e9ricaines dont on a tant sujet de s&#8217;irriter. Non, mais il lui faut du reportage tout de m\u00eame. Et ce reportage, il l&#8217;exigera de plus en plus des journaux, \u00e0 la condition qu&#8217;on le lui donne sous une forme litt\u00e9raire, avec le souci de ne pas le choquer, et aussi de ne pas le tromper. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019imagine, cher lecteur, que vous voulez savoir ce que je pense du d\u00e9bat, non ? Je vois ce que Millaud dit, et je comprends ses soucis sur le futur de l\u2019intelligence fran\u00e7aise si on n\u2019\u00e9tudie pas la litt\u00e9rature, l\u2019art, et la culture en g\u00e9n\u00e9ral comme on fait maintenant. En m\u00eame temps, la presse nous donne de l\u2019information importante au sujet de la politique mondiale, le gouvernement parisien, et aussi, la nouvelle en art et culture ! Sans cette information, on perd une autre vue du monde \u2014 en particulier, pour la classe moyenne, qui peut-\u00eatre ne peuvent pas acc\u00e9der \u00e0 la litt\u00e9rature mais qui souhaite gagner la connaissance.&nbsp;&nbsp;<br>Sous l\u2019article de Millaud, il y a une partie du journal qui s\u2019appelle Les \u00c9chos de Paris. Ce fait, cher lecteur, m\u2019explique exactement qui va gagner cette guerre entre la litt\u00e9rature, le journalisme, et le reportage, qu&#8217;on le veuille ou non.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cher lecteur, est-ce que vous avez vu le d\u00e9bat br\u00fblant en France cette semaine ? Si non, laissez-moi vous expliquer le d\u00e9bat Giffard-Millaud, et bien s\u00fbr je donnerai mon avis sur le sujet aussi !&nbsp; Vous connaissez les deux r\u00e9dacteurs, qui s\u2019appellent Albert Millaud et Pierre Giffard ? 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